André Gerin va être privé pendant un mois du quart de son indemnité pour avoir perturbé la séance des questions au gouvernement, mardi 24 janvier. Le député s’est fâché tout rouge, après une réponse d’Éric Besson qualifiant le fonds de pension Klesh (repreneur d’Arkema) de “groupe familial qui a des titres de noblesse”.

La prise de parole d’André Gerin, au départ, est des plus classiques. Dans le cadre des questions au gouvernement, le 24 janvier, le député communiste intervient sur la situation préoccupante de l’emploi industriel en France. Il rappelle d’abord que “Lejaby a été vendu à 1 euro symbolique à un fonds de pension qui impose la dictature du moindre coût”. Puis en vient au groupe Arkema, qui veut céder ses activités vinyliques au groupe Klesh, un fonds de pension américain précédé d’une réputation peu flatteuse, en tout cas pour les dégâts qu’il occasionne sur l’emploi quand il reprend une entreprise. Les salariés de la société hollandaise Zalco, rachetée en 2007, aujourd’hui en faillite, en savent quelque chose. “On nous dit que c’est un grand industriel de l’aluminium et du raffinage. Or tout cela est faux (…), c’est plutôt un démolisseur industriel”, s’exclame André Gerin, en brandissant un échantillon d’un produit PVC fabriqué par Arkema.
Le député ne pourra pas aller plus loin. Le président de l’Assemblée, Bernard Accoyer (UMP), lui coupe la parole pour la donner au ministre de l’Industrie, Éric Besson. Lequel, tranquillement, qualifie Klesh de “groupe américain familial, qui a des titres de noblesse (…) et qui s’est engagé à conserver des contrats de travail, pour l’ancienneté, pour la rémunération.”
C’en est trop pour André Gerin qui se fâche tout rouge, refuse de regagner sa place et continue de protester en dépit des interventions des huissiers de séance, persistant même quand l’orateur suivant intervient sur la question de l’engagement des forces françaises en Afghanistan.
Bernard Accoyer a décidé de rappeler à l’ordre le député du Rhône avec inscription au procès-verbal. Ce qui entraîne la privation, pendant un mois, du quart de l’indemnité parlementaire. Interrogé par l’AFP, André a déclaré : “Je ne regrette rien de ce que j’ai fait car j’ai trouvé la réponse du ministre insupportable.”

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